21 mars 2011

Le théâtre dans la Grèce antique

 


 

  Pour les Grecs du Vème siècle avant J-C, le théâtre n'est pas essentiellement comme pour nous un divertissement. C'est avant tout un spectacle politique et religieux. 

Les pièces de théâtre ne sont jouées qu'une seule fois dans le cadre d'un spectacle en l'honneur de Dionysos : les grandes Dionysies. Les grandes Dionysies ont lieu au moi de mars. Trois auteurs tragiques sont en compétition et doivent présenter chacun quatre pièces : trois tragédies et un drame satyrique (un drame traitant un mythe de manière ironique).

Pendant ces Dionysies, toutes les autres activités étaient suspendues : il n'y avait ni jugement, ni Assemblée du peuple. Toute la cité était concentrée sur les grandes Dionysies. Ceux qui perdaient une importante journée de travail recevaient une indemnité, le μισϑος

Le personnage principal, le protagoniste, devait être payé. Les deux autres acteurs n'étaient pas payés. Il fallait également payer le choeur. Faire une pièce de théâtre demandait donc un financement important. C'est l'archonte éponyme qui choisissait un citoyen très riche pour financer une pièce. On le nomme le chorège (χορηγας) et on dit qu'il s'occupe de la chorégie. Il peut refuser s'il ne pense pas avoir les moyens et faire un procès à un plus riche que lui.                                                                                                                     Le Théâtre de Dionysos à Athènes, tel qu'on l'imaginait en 1891

On dit, on écrit couramment que les théâtres grecs sont creusés au flanc d’une colline, tandis que les théâtres romains sont construits en terrain plat sur voûtes et arcades. En réalité, cette opposition mérite d’être fortement nuancée.

Si l’on examine la disposition d’un nombre suffisant de théâtres antiques, on s’aperçoit vite que :

aucun théâtre grec ne se trouve construit en terrain plat (l’architecture grecque classique ne permet pas la construction sur voûtes concrètes, qui n’est connue qu’à partir de l’architecture romaine), mais les ailes ou parties latérales peuvent être construites en maçonnerie : à Épidaure ou à Dodone, où elles sont en remblai, mais plus encore à Argos, par exemple, où les parties construites constituaient l'essentiel du koilon.

une immense majorité de théâtres romains sont eux aussi adossés à une colline. La construction sur terrain plat est un luxe et une prouesse réservés à la capitale (théâtres du Champ de Mars, à Rome) et à certaines villes des provinces romaines situées en pays entièrement plat, toujours par obligation, et non par choix.

Cette remarque ne concerne pas les amphithéâtres romains, nécessairement construits, dès qu’ils sont de quelque importance. La Grèce antique connaît déjà la notion de costume de théâtre : les acteurs revêtent des vêtements qui ne sont pas ceux de la vie quotidienne. Ceux-ci varient suivant l'époque et le genre (tragédie, comédie, drame satyrique) mais leur rôle reste identique : il s'agit de faciliter l'identification des acteurs. En effet, un même acteur peut jouer plusieurs rôles au sein d'une même pièce, parfois très différents. Les textes des pièces ne comprennent aucune indication de costume, mais il est possible de relever des allusions pertinentes dans le texte lui-même. Il existe également des représentations figurées, très nombreuses pour la comédie : peintures sur vases ou encore figurine.Les choreutes tragiques portent des vêtements qui identifient leur métier ou leur condition sociale. Dans les Suppliantes, le chœur représente les Danaïdes, qui portent de somptueuses robes barbares. Dans Ajax, il s'agit de marins de Salamine. Dans les drames satyriques, le chœur est toujours composé de satyres : ils sont nus, dotés d'un énorme phallus postiche en érection. Dans la comédie, le costume de base est agrémenté d'accessoires : de petites ailes, par exemple, pour le chœur des Guêpes.     

 

 

Toute tragédie grecque est une alternance entre des parties chantées et des parties parlées. Les premières sont prises en charge par l’ensemble deschoreutes. Tout en chantant et accompagnés par le son de l’aulos (sorte de flûte), ils dansaient. C’étaient des citoyens qui représentaient la cité au théâtre, mais qui n’avaient pas besoin d’être doués en chant. Ces parties chantées qui peuvent nous paraître étranges parce qu’inhabituelles tenaient alors une place très importante. Elles étaient d’ailleurs mises en valeur par le contraste établi entre un personnage souvent seul, face au chœur constituant son interlocuteur. En effet le chœur ne se mêlait pas aux autres personnages : après son entrée solennelle, il restait dans l’orchestra. De plus, le chœur, véritable personnage, survit à toutes les situations. Cette importance du chœur se voit dans les titres des pièces, comme par exemple Les Suppliantes ouLes Perses, qui désigne le groupe formé par les choreutes.

 

En ce qui concerne l’action, le chœur commentait les événements en émettant une morale traditionnelle, mais pouvait aussi donner des conseils ou blâmer le héros. Il intervenait souvent dans l’action : c’était en fait un intermédiaire entre les spectateurs et le héros, mais aussi entre les personnages eux-mêmes. En fait, ils ont aussi le rôle d’éclaircir le sens de la pièce, en commentant l’intervention d’un personnage ou en donnant des indications scéniques. Ils annoncent aussi l’arrivée des personnages. Leur rôle

est donc multiple

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Posté par nessrinedabbebi2 à 01:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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